Comment analyser ses rêves?






Troisième étape
vers l'interprétation
des rêves.





    Cette réflexion sur les voies de la conscience nous a conduit sur des sentiers inattendus, et elle nous a éclairé sur les raisons qui poussent l’homme à légitimer ses actes [cf : La voix de l'influence].

    Elle nous aura surtout permis de faire un nouveau pas vers notre objectif : le domaine des rêves.
Depuis le début, en effet, nous avons franchi plusieurs étapes indispensables vers cet objectif : quelles sont ces étapes ?

    1 – Nous nous sommes d’abord intéressés à un mythe millénaire, suggérant l’existence d’un mode de communication universel avant que les langages ne se différencient [cf : le langage universel].
Ce mythe serait-il le fruit d’une intuition juste ?
    Parmi les différents moyens utilisés par les espèces évoluées pour communiquer, on peut citer, en dehors du langage, celui des images créées par notre cerveau, qui nous permettent de saisir situations et émotions. Grâce à ce mode de communication avec l’environnement, un être humain peut interagir avec le monde extérieur, et deux êtres humains peuvent se comprendre et comprendre même d’autres espèces animales [cf : cortex frontal et transmission de l’information].

La baie d'Along.
Moment de tendresse entre chimpanzés.
Les images permettent de nous situer dans le monde des choses…
...et dans celui des émotions.

Que dire alors des images de nos rêves ? Pourraient-elles se comprendre comme un langage ? [cf : langage_des rêves]

    C’est la raison qui nous a poussés à nous intéresser aux différentes méthodes de leur interprétation [cf : le rêve au cours des âges].
Nous avons pu constater que l’interprétation dépend de la culture, des connaissances en cours, et de celui qui interprète.
Existe-t-il une méthode qui soit satisfaisante ?

    2 - Une deuxième étape a consisté à explorer le fonctionnement du cerveau [cf : hypothèses].

    Si l’on suit les modifications de l’activité cérébrale nocturne de l’homme, on observe tout d’abord, avec l’endormissement, la cessation du contrôle exercé par le cortex préfrontal. Puis, progressivement, la température interne du sujet tend à glisser vers la température ambiante, comme c’est le cas chez les reptiles dont le comportement est essentiellement instinctif [cf : sommeil lent et sommeil paradoxal], C’est à ce moment-là que survient le sommeil paradoxal et que vont apparaître les rêves.
    Ce phénomène nous a permis d’envisager la possibilité suivante : le sommeil paradoxal correspondrait à l’activité cérébrale d’animaux qui n’ont pas de régulation de leur température interne et sont essentiellement solitaires contrairement aux mammifères.

cerveau de crocodile durant l'éveil
Les structures cérébrales anciennes fonctionnaient à basse température...

cerveau humain durant l'éveil

cerveau humain durant le sommeil paradoxal
L'abaissement de la température qui accompagne le sommeil paradoxal réactiverait-il ces structures ?

    Nous avons pu découvrir, d’autre part, que l’origine du rêve se situe dans le tronc cérébral [cf : Développement du système nerveux], en lien avec l’hypothalamus [cf : Le déclencheur du sommeil paradoxal] une des régions les plus anciennes de notre cerveau, dont le fonctionnement échappe à notre conscience.
Mais comme l’instinct individuel ne peut s’exprimer librement dans le cadre d’une collectivité sans risquer de provoquer l’anarchie, une nouvelle région du cerveau s’est imposée : le cortex préfrontal, capable d’inhiber les réponses instinctives qui pourraient mettre en danger la cohésion du groupe [cf : conscience sociale].

    Jusqu’ici, le cerveau se développait pour améliorer l’exploration de l’environnement et les adaptations à la vie. Désormais, le cortex préfrontal va s’attacher à développer un fonctionnement bien souvent inverse, en inhibant un certain nombre de réponses vitales pour tirer parti du groupe, ou s’en laisser asservir [cf : la voix de l’influence].

    Nous savons aujourd’hui que les aires cérébrales actives lors du rêve ou pendant la journée sont les mêmes. Les images qui émergent alors à notre conscience, lors de réveils passagers, apparaissent lorsque le cortex préfrontal retrouve sa capacité à traiter les informations.
Nous pouvons en déduire que le fonctionnement du rêve, issu de notre « cerveau inconscient », ne peut s’exprimer que si le contrôle inhibiteur du cortex frontal cesse.

    Enfin, en découvrant comment s’exprime l’inconscient, nous avons constaté qu’il existe, en chacun de nous, deux êtres : l’un au service de la raison, siège présumé de la conscience, l’autre au service de l’instinct devenu inconscient et, bien souvent, fort mal jugé.

Dr Jekill et Mr Hyde
Dr Jekill et Mr Hyde dans notre cerveau.
Lutte d'influences ou complémentarité ?

    3 - Il était donc devenu indispensable de comprendre en quoi consiste la conscience, et nous nous sommes demandé en quoi cette fonction que nous exploitons quotidiennement diffère de celle qui prévaut cours de la nuit et nous propose ces autres expériences de vie qui disparaissent au réveil..
Notre conscience diurne serait-elle incomplète ? Ou ne savons nous pas l’utiliser ?

    Nous avons alors cherché à découvrir comment l’édifice de la conscience s’est construit au fil des millénaires. Nous avons compris que nous ne savions pas toujours utiliser toutes les possibilités de notre inconscient qui répond avant tout à ce qu’il ressent en lien avec la réalité [cf : la pensée].

    Dans ce chapitre consacré à la conscience, nous avons pu voir comment la pensée humaine a évolué, et combien la pensée rationnelle peut se dissocier de la réalité. Non que l’homme n’ait pas conscience de ses erreurs, mais le plus souvent, il préfère ne tenir compte que de ses propres désirs.
Comment son instinct parvient-il alors à imposer sa loi ?
Il semble bien que l’homme soit tellement bien parvenu à le maîtriser qu’il s’exprime alors par la violence.

Instinct contrôlé.
Instinct déchaîné.
La vie en société impose le contrôle de ses tendances instinctives.
Trop de contrôle entraîne la violence.

    L’étude de la construction de la conscience au cours de l’évolution des espèces nous a permis de saisir comment elle s'est bâtie [cf : la construction de la conscience], et de quelle manière elle a pu être altérée chez l’homme [cf : suppression du dialogue].
Cependant, la plupart des peuples qui possèdent la sensibilité la plus proche de la nature, ont conservé cette forme de conscience adaptée à la réalité. Les enfants la possèdent aussi. Il semble alors que seul l’homme moderne, dominé par sa pensée abstraite, n’y ait plus accès.. Comment pourrait-il se souvenir de ses rêves, et les comprendre?

    Pour répondre à cette question, il s’est avéré indispensable d’explorer le fonctionnement de l’« inconscient », cette partie de notre être qui nous échappe, et ce qui le différencie de notre conscience [cf : l’inconscient, cet inconnu].

    Nous avons constaté que le fonctionnement de notre inconscient est surtout caractérisé par le « non jugement » [cf : l'inconscient ne juge pas].
Observer le contenu des rêves à la manière dont œuvre l’inconscient est le premier élément qui peut permettre de les comprendre..

Contrôle préfrontal.
Perception au service du groupe :
le cortex préfrontal domine.

Spontanéité de l'instinct.
Perception au service de l’individu :
les réactions instinctives dominent.

    Notons que le travail que nous venons de faire sur la conscience s’est étendu bien au-delà de ce qui était prévu, ce qui nous a permis de découvrir comment se construit une conscience objective [cf : l’édifice de la conscience]. Pour parvenir à interpréter les rêves, il est indispensable d'exploiter toutes les composantes de la conscience : outre entendre et voir, comparer et vérifier, il faut également développer sa capacité à ressentir, car le rêve est déterminé par notre capacité à ressentir, trop souvent perdue.
La parole, apparue bien après nos cinq sens, devra s’accorder avec eux.

    Toutefois, cette analyse objective ne concerne pas le rêve lucide, pourtant indispensable à l’exploration scientifique.
En effet, si le rêve lucide permet au chercheur de garder le contact avec le rêveur, et de déterminer quelles aires cérébrales s’activent au cours du rêve, il replace l’inconscient sous le contrôle du cortex préfrontal.
Or, contrôler ses rêves revient à empêcher l’inconscient de s’exprimer. Comment, alors, découvrir leur véritable sens s’ils ont été modifiés ?

Rêve spontané.

Rêve lucide.

        Il nous faut donc saisir que le langage de l’inconscient est un mode d’expression concret, déterminé par la succession des images. N’avons-nous pas découvert ses prouesses, alors qu’il se montre capable de tout faire, explorer l’environnement, le comprendre et même élaborer les réponses que notre conscience n’aura plus qu’à recueillir [cf : L'inconscient génère ses propres pensées] ?

    Pendant longtemps, l’inconscient a été considéré comme un « dépotoir » [cf : origines], qui possèderait même des prédispositions maléfiques [cf : islam], [cf : moyen âge-chrétienté]. Or, nous savons maintenant que conscient et inconscient, ces deux fonctions essentielles de notre cerveau, sont complémentaires.
En effet, ce qui rend l’accès à notre inconscient si difficile est qu’il s’appuie davantage sur des situations que sur des idées ou des habitudes [cf : inconscient et objectivité].

    4 - C’est pourquoi notre cheminement va devoir se poursuivre.
En effet, l’intelligence acquise par l’homme adulte ne lui permet plus de comprendre ce langage archaïque qui s’exprime dans les images du rêve.
La recherche scientifique nous a appris que l’intelligence ne pouvait progresser à partir de capacités supérieures. C’est ainsi que l’intelligence artificielle a !pu prendre son essor à partir du fonctionnement le plus simple : celui de l’enfant capable d’apprendre par lui-même ! Or, ce sont les adultes, à l’intelligence aboutie, qui tentent de comprendre les rêves. A cela s’ajoutent des données culturelles, [cf : l’impasse] d’où ces interprétations extrêmement variables.

    Qu’en est-il de l’enfant, comment explore-t-il et comprend-t-il le monde ? Posséderait-il des capacités perdues par l’adulte ?
Exploiter ses capacités de découverte et d’analyse pourrait il nous apporter des réponses ?

    Toutefois, on constate que l’enfant, tout en possédant ces capacités, ne peut les exploiter dans le domaine du rêve car il lui manque l’expérience et la maturité de l’adulte, et les connaissances que seule la vie lui apportera.

    Dans le domaine de l’interprétation des rêves, l’enfant et l’adulte sont donc incomplets : l’un possède les capacités, l’autre l’expérience vécue. Si l’enfant a besoin de temps pour mûrir, l’adulte pourrait peut-être recouvrer cette ouverture d’esprit qu’il avait à l’origine et qu’il a laissé s’effacer.

    C’est ainsi que, pour comprendre les rêves, nous allons nous intéresser au développement de l’enfant, à ses capacités, et à son mode de pensée… L’enfant possède en effet la capacité d’accéder facilement au monde des images.
En comprenant l’enfant, peut-être pourrons-nous accéder à l’imagerie du rêve ?

La naissance de l’esprit sain : (suite)